Apparue à la fin des années 70, la discipline de l’analyse
d’affaires a évolué pour devenir aujourd’hui une fonction clé dans le monde des technologies de l’information. Le
marché imposant des délais d’exécution de plus en plus rapides, des solutions
plus efficaces, plus globales et un retour sur investissement davantage
contrôlé, l’analyse d’affaires
devient une étape primordiale pour
mener à bien des projets d’envergure.
L’émergence de l’analyse d’affaires
Dans les
années 90, les entreprises ont été confrontées à bon nombre de retards, de
surcoûts et de manques de pertinence dans leurs projets TI. Bien souvent, ces
difficultés étaient dues à une mauvaise
définition des exigences d’affaires, entraînant une déconnexion entre ce
que construisaient les développeurs et ce dont l’entreprise avait besoin. Le
syndrome « commençons à coder, on verra ce que ça donne » a fait bien
des victimes…
Les
entreprises ont ainsi pris conscience de la nécessité de séparer la discipline d’analyse d’affaires du développement
informatique et de la gestion de projets. Pour transformer les besoins
d’affaires en solutions innovantes créatrices de valeur, les chargés de projets
et les spécialistes TI ne suffisaient plus. Il fallait un pont plus solide entre les affaires et la communauté
technique : l’analyste d’affaires.
Un rôle fondamental
dans un contexte d’externalisation
L’externalisation a joué également en faveur de la
croissance de cette profession. Alors que les
entreprises découvraient qu’il était relativement facile d’externaliser leurs
compétences techniques, elles prenaient aussi conscience que la définition des
exigences d’affaires était une étape
essentielle pour le bon déroulement de l’externalisation. Or cette compétence est difficile à déléguer car
elle touche au coeur de l’activité
de l’entreprise. Les grosses organisations ont ainsi commencé à se doter
d’analystes d’affaires en interne.
L’externalisation a
également fourni des candidats pour
l’analyse d’affaires : « Avec l’impartition du développement
informatique dans des pays comme la Chine ou l’Inde, certains développeurs sont
allés vers cette profession de peur de perdre leur emploi », précise
Cherifa Mansoura Liamani, analyste d’affaires senior chez IBM.
Une profession en cours de définition
Aujourd’hui,
la plupart des projets de grande ampleur sont gérés par une équipe de chefs de
projets alliée à des analystes d’affaires. L’une garde un œil sur la gestion du
projet, l’autre se focalise sur la gestion des besoins d’affaires. C’est grâce
au travail de l’analyste d’affaires que les besoins sont véritablement compris par l’équipe technique, avant
même que la solution soit créée et implémentée.
Cependant,
l’appellation d’emploi est toujours
mal reconnue. « Encore maintenant, beaucoup de professionnels pratiquent
l’analyse d’affaires sans le savoir, souligne Clément Côté, consultant
principal au sein du cabinet 2C Solutions et président du chapitre montréalais
de l’IIBA. Pour l’instant, il s’agit plus
d’un rôle que d’une appellation
d’emploi car la profession ne s’est pas encore structurée. »
La
création de l’IIBA (International
Institute of Business Analysis) en 2003 aide à organiser peu à peu la
discipline avec la création de standards
et lui offre plus de visibilité.
Pour en savoir plus : L’IIBA (International
Institute of Business Analysis)